Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers chorégraphique s’inscrit dans une esthétique très cinématographique, où chaque pièce est pensée comme un tableau vivant.
Ma danse puise ses fondations dans le contemporain, mais j’aime y mêler d’autres styles pour créer des contrastes, brouiller les frontières et enrichir l’écriture chorégraphique. Dans Maison Close, ma dernière création, se rencontrent par exemple danse contemporaine, burlesque et partnering dans une atmosphère à la fois sensuelle, théâtrale et physique. J’aime aussi glisser dans mes pièces des “easter eggs” : des références cachées à la peinture, au cinéma, à la photographie ou à la mode. Chaque détail est conçu pour que le spectateur puisse se perdre dans plusieurs niveaux de lecture et découvrir de nouvelles choses à chaque regard.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création en cours ?

« Je suis fasciné par le monde, par sa beauté comme par sa brutalité. » Maison Close est un polar chorégraphique sous tension, un huis clos immersif où se révèlent les contradictions de l’identité féminine dans notre société contemporaine. À travers cette création, j’explore les rôles et les images encore projetés sur les femmes : la séduction, la fragilité, le contrôle, le regard des autres. Derrière ces représentations persistent des violences plus silencieuses, profondément ancrées dans nos imaginaires collectifs. Mais Maison Close est aussi un espace de résistance, où les corps tentent de s’émanciper des stéréotypes pour se réinventer librement. Entre tension cinématographique, théâtralité et physicalité, la pièce plonge le public dans une expérience sensorielle et immersive, mêlant danseuses et figurantes dans un même espace de jeu. J’ai envie que cette création trouble, intrigue et touche profondément. Qu’elle laisse une question en suspens, simple et essentielle : jusqu’où avons-nous réellement le droit d’être nous-mêmes ?

Quel atelier as-tu prévus avec les danseureuses ?

Lors de cet atelier, je proposerai un travail autour d’un solo présent à la fin de Maison Close, centré sur les notions de pardon et de rédemption.
Ce sera une recherche chorégraphique mêlant voix et mouvement, où la parole devient une impulsion physique, presque un moteur du corps. Nous explorerons la manière dont une émotion, un souffle ou un mot peuvent transformer le geste et faire naître une présence scénique plus intime et instinctive.

L’idée est d’amener les danseureuses à expérimenter un travail à la fois sensible, théâtral et profondément incarné.

Pourquoi avoir rejoint la formation de la Fabrique de la Danse ?

J’ai souhaité rejoindre cette formation parce que je ressentais profondément le besoin de m’exprimer à travers mes propres créations et de développer pleinement mon univers artistique. Cette envie s’accompagne d’une grande curiosité pour le milieu de la production et
de la diffusion. Je voulais mieux comprendre les enjeux, acquérir des outils concrets et apprendre à structurer mes projets afin de produire et diffuser mes pièces de manière plus autonome et plus affirmée. Cette formation représente pour moi une étape essentielle pour faire évoluer ma pratique artistique et donner à mes créations l’espace qu’elles méritent.