Ateliers hebdomadaires

Texte, parole et danse pour Emmanuelle et Marie Simon

Quel est votre univers chorégraphique ?

Durant ce cycle d'ateliers, notre univers chorégraphique explore les situations dramatiques du duo : la relation, le contact, la fusion, la gémellité... en ajoutant le texte et la parole comme nouveau paramètre du mouvement.
A partir de la mobilité du sternum, que nous avons investi comme une puissance expressive capable d’affirmer une signature à la fois personnelle et commune, nous avons choregraphié nos similitudes et nos différences. Notre lien familial a intensifié la confiance en l'autre pour se laisser guider, manipuler, s'abandonner ou résister selon différents « degrés ».

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre création / projet en cours ?

Dans la création en cours "Comment se retourner ?" nous sommes toutes les deux chorégraphes-interprètes et nous collaborons avec le metteur en scène Alain Simon autour de la question : Comment ajouter la parole chez les danseurs.euses, et peut-être tenter une façon de jouer qui serait propre au théâtre, sans renoncer à l'art chorégraphique ?
Nous avons expérimenté la parole et le mouvement sur des plans autonomes et à égalité. A travers les thématiques de l’intime et du quotidien, nous mélangeons et superposons des consignes vocales, spatiales, corporelles indépendantes les unes des autres. Ces performances simultanées mettent en relief le sens et les relations multiples entre les mots et le mouvement.

Quel atelier avez-vous prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Dans une atmosphère ludique et sérieuse à la fois, nous allons travailler le lâcher prise de l’interprète qui parle et qui danse selon deux partitions indépendantes et actionne ainsi des connexions involontaires entre son engagement cérébrale et corporelle.


Friction, narration et abstraction pour Sarah Cerneaux

Quel est ton univers chorégraphique ?

Pour décrire mon univers chorégraphique, je me présenterais comme chorégraphe et interprète instinctive et pleine d’énergie, particulièrement sensible à ce qui se joue dans les interstices, entre les espaces, entre les temps et entre les personnes. Mon monde artistique est fait de frictions, et j’apprécie tout particulièrement lorsque l’histoire et la narration percutent l’abstraction. En moi pulsent le vivant et ces deux mots qui s’entrechoquent : cri et vulnérabilité. Mon œuvre repose sur une écriture chorégraphique singulière, nourrie par mes collaborations et par une trajectoire atypique, et porte un regard aigu sur la société.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Actuellement, je travaille sur JOG ++, forme performative adaptée à des espaces non dédiés ou en extérieur, qui se joue avec trois danseuses et pour laquelle je souhaite inviter des amateur.ices à nous rejoindre lors les performances.
JOG ++ est conçue comme une extension de mon précédent projet, HIDDEN Project, qui interroge, d’une part, les stratégies de camouflage des jeunes femmes évoluant dans des quartiers dits « sensibles », et révèle, d’autre part, les traces que ces environnements laissent sur les corps.
JOG++ a été imaginée en hommage à toutes les femmes des quartiers ayant participé aux ateliers autour du projet et qui ont œuvré à la création de ce que je nomme la chaîne du geste. Avec toutes les femmes rencontrées, nous avons travaillé sur les gestes qui cachent et ceux qui nous révèlent malgré nous.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

J'ai l'intention d'apprendre au groupe ce que je nomme la chaîne de geste et d'imaginer sur elles.eux une nouvelle version de JOG ++.De plus, j'aimerais beaucoup inviter celles et ceux qui le souhaiteront, à participer à la performance de JOG ++ lors de la Soirée des chorégraphes le 6 Mai prochain.
Les ateliers de Danse en Seine seront pour moi une chance de travailler avec un groupe de plus de trois personnes. Je dois dire que je suis ravie de cette opportunité de partager l'histoire de JOG avec les danseur.euse.s de Danse en Seine. C'est toujours l'occasion de faire circuler des vécus et de créer des liens entre des personnes qui ne se rencontreront pas forcément.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

Depuis la création de la cie La Face B en 2021, j'ai la sensation d'avoir emmagasiné des connaissances à la volée, sans jamais prendre le temps de  les digérer ou de les consolider, que ce soit concernant la gestion d'une compagnie et d'une équipe ou la production.
Il en va de même pour mon écriture chorégraphique, je ressens le besoin de creuser ma manière de créer, de comprendre ce qui m'inspire et l'univers artistique qui m'habite.
C'est pour cela que j'ai pris le temps de faire cette formation, mais pas seulement.
Je suis ici parce que j'ai besoin de partager mes questionnements et d'échanger avec des artistes, avec les personnes qui constituent le terreau d'une compagnie et font en sorte que la machine avance, mais aussi avec les passionné.e.s qui n'en font pas leur métier mais défendent tout autant la nécessité d'un art qui rapproche.
Ne pas se sentir seule.


Laura Morin : entre danse contemporaine et théâtre physique

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers chorégraphique s'inscrit à la croisée de la danse contemporaine et du théâtre physique. Je parle du réel, des histoires de vie, d'amour, de mort, en oscillant de l'ombre à la lumière. Ma recherche s'inscrit dans un corps désarticulé et imprévu, avec une forte appétence pour l'humour, l'absurde, et les fins joyeuses.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Je suis actuellement en création d'un solo intitulé POST-SCRIPTUM. Il se pense comme une "élégie joyeuse", et prend racine dans les lettres écrites à ma sœur disparue. Je mets en jeu un corps qui éclôt et reprend vie, pour retrouver la joie et le goût de danser, avec les fractures, les montagnes, les regrets et les contradictions qui peuvent l'habiter.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Nous allons plonger ensemble dans les procédés d'écriture de POST-SCRIPTUM, en travaillant notamment sur des principes d'improvisation et de création instantanée, seul.e.s et en collectif, pour aboutir à une forme chorégraphique commune en fin d'atelier.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ? 

Étant à la direction artistique de projets chorégraphiques depuis plusieurs années, j'ai toujours travaillé en collaboration, et c'est la première fois que je me lance dans une aventure en solo. L'Incubateur de chorégraphes est un superbe apprentissage pour nourrir et compléter mon parcours de chorégraphe, et il permet des rencontres humaines et artistiques fabuleuses.

Karel Kouelany : comment exprimer ses émotions par le krump ?

Quel est ton univers chorégraphique ?

En tant que jeune artiste congolais, mon univers chorégraphique fusionne Afrobuck ou résonne l’Afrique et le krump, la vidéo et engagement social. J'explore et réinvente le krump pour exprimer les réalités de ma société. La vidéo enrichit mon travail, offrant des perspectives immersives. Mon but : créer une expérience qui invite à la réflexion et à la beauté.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Dans BOLOKO, qui signifie 'prison' en lingala, j'incarne la voix d'un peuple congolais en souffrance. Né au Congo, je questionne comment le corps peut exprimer cette réalité où la société nous étouffe, nous 'enterre prématurément'. Face à cette prison réelle et mentale, je puise dans l'énergie du krump et les transes africaines pour m'échapper. Mon désir : déconstruire les chaînes et reconstruire un être libre.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Dans mon atelier Krump sur le thème de BOLOKO, je vous invite à explorer comment le Krump peut devenir un outil puissant pour exprimer des sentiments d'enfermement, de lutte, mais aussi d'espoir et de libération.

Je vous guiderai à travers des mouvements intenses et des improvisations, pour que vous puissiez canaliser vos émotions et les transformer en une danse expressive. Cet atelier est conçu pour déconstruire nos barrières personnelles et collectives, offrant un espace pour se réinventer à travers le Krump.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

En tant qu'artiste venant du Congo, où les structures formelles d'enseignement en chorégraphie sont inexistantes, mon parcours a été façonné par l'expérience directe, l'observation et une passion inextinguible pour la danse. Rejoindre la formation Incubateur de chorégraphes représente pour moi une opportunité inestimable de structurer et d'enrichir cette base autodidacte.

Cette formation est une porte ouverte vers de nouvelles perspectives, des outils théoriques et pratiques, et un réseau de professionnels qui peuvent m'aider à affiner ma vision artistique. C'est l'occasion de combler un manque, d'acquérir des compétences spécifiques et de me confronter à d'autres approches chorégraphiques.

Plus qu'une simple formation, c'est une chance de donner une nouvelle dimension à mon travail, de le professionnaliser et de le partager avec un public plus large, tout en restant fidèle à mes racines et à mon identité culturelle. C'est un investissement dans mon avenir en tant que chorégraphe et une manière de contribuer, à terme, au développement de la danse dans mon pays.


La narration corporelle de Jean-François Gilède

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers chorégraphique s’inscrit dans une démarche interdisciplinaire entre danse et théâtre. Étant interprète-créateur en danse contemporaine et comédien, je m’intéresse à la construction du personnage en danse à travers les notions d’incorporation, d’incarnation et d’interprétation. Ma recherche interroge les porosités entre jeu théâtral et écriture chorégraphique, en valorisant le corps sensible comme vecteur de narration.

Ancrée dans une pratique somatique, ma démarche explore la dimension expressive du corps à travers l’expérience sensorielle, l’écoute émotionnelle et l’engagement physique. Je développe une forme de narration corporelle, où le ressenti prime sur le récit verbal, et où le mouvement devient langage.

J’aime jouer avec l’imaginaire, l’humour, l’absurde et la théâtralité, afin de rendre ma danse accessible sans en diluer la portée poétique. Mes projets mettent en scène des personnages traversés par les émotions fondamentales (joie, peur, tristesse, colère, surprise, dégoût), dans une esthétique de tableau vivant où le lien entre le corps et son environnement est essentiel.
Mon approche vise à faire émerger une danse habitée, organique et communicative, au croisement du sensible, du vécu et du jeu. 

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Mon projet en cours est la continuité de mon solo “danse Harpagon, danse”. Suite à un temps de résidence, j’ai exploré le champ des possibles avec cette notion de personnage en danse. Je m’intéresse à la manière dont des états corporels, notamment par le travail sur les sensations internes, les désalignements physiques et les chemins de mouvement inhabituels peuvent faire émerger des identités dansantes singulières.

Le port du masque, l’exploration d’archétypes (comme ceux issus de la Commedia dell’Arte ou du clown), ainsi que l’usage du costume, sont autant d’outils qui m’inspirent et viennent perturber les habitudes du corps pour ouvrir des possibilités expressives nouvelles. Chaque masque, chaque vêtement influence directement la posture, la dynamique gestuelle, le rapport à l’espace et même la qualité de présence.

À travers cette approche, je cherche à composer une galerie de personnages dansants, chacun porteur d’une logique corporelle et émotionnelle propre. Ce ne sont pas des personnages psychologiques au sens classique, mais des entités physiques, qui naissent d’un dialogue intime entre imaginaire, corps et mouvement.

Ce travail a été amorcé lors d'une résidence à l'École de danse contemporaine de Montréal, où j’ai aussi entamé une phase de transmission avec deux interprètes. Leurs propositions ont enrichi la recherche et ouvert de nouvelles pistes.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

À la suite de cette résidence, j’ai entamé une première phase de transmission avec deux interprètes. Leurs propositions ont profondément enrichi la recherche, révélant des dynamiques inattendues et ouvrant de nouvelles pistes d’exploration.

Dans le cadre des ateliers avec les danseur·se·s de Danse en Seine, je souhaite poursuivre cette continuité, en approfondissant la recherche amorcée. Le projet en est encore à ses balbutiements. Je me trouve actuellement dans une phase d’exploration fondamentale, où je cherche à comprendre comment transformer mes outils chorégraphiques, issus du travail somatique, de l'imaginaire, du masque, de la théâtralité – en une forme dansée structurée.

L’objectif de ces ateliers est de faire traverser aux danseur·se·s différentes étapes de ma recherche chorégraphique afin d’observer comment les corps réagissent, comment les états de présence émergent, et comment cela peut nourrir ma recherche en cours. Cette mise en partage m’aidera à affiner les rouages du projet, à tester certaines intuitions, et à ouvrir le dialogue.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

J’ai rejoint l'incubateur de chorégraphes de la Fabrique de la Danse pour bénéficier d’un cadre structurant et stimulant à un moment charnière de mon parcours artistique. Mon travail est actuellement en pleine phase d’exploration, et j’éprouvais le besoin d’un accompagnement pour clarifier mes intentions, affiner mes outils et penser la mise en forme de mes recherches sur le long terme.

L’Incubateur représente pour moi un espace rare où l’expérimentation chorégraphique peut dialoguer avec des apports théoriques, dramaturgiques, stratégiques et pratiques. C’est aussi une opportunité précieuse de confronter ma démarche à celle d’autres artistes, d’échanger, de sortir de l’isolement parfois lié à la création, et de faire mûrir un langage artistique personnel dans un cadre bienveillant mais exigeant.

Je souhaite y construire les fondations solides d’un premier solo, tout en développant une pensée chorégraphique capable de s’inscrire dans un processus de création à plus long terme.


Le planning des ateliers artistiques 2025-2026

Planning des ateliers artistiques 2025-2026

Les ateliers sont désormais complets. Vous pouvez cependant écrire à ateliers@danseenseine.org si vous souhaitez des informations.

Pensez également à prendre votre adhésion 2025-2026 (hors ateliers).

Danse en Seine vous propose d’expérimenter les ateliers artistiques avec les nouveaux chorégraphes de la promotion 2026 de l’Incubateur de La Fabrique de la Danse tous les mercredis à 20h30 au Carreau du Temple et en bonus certains dimanche en journée à La Fabrique de la Danse (100 avenue du Général Leclerc, Pantin).

Les chorégraphes animeront un cycle de 5 ou 6 ateliers et pourront présenter une restitution ouverte au public le cinquième et dernier mercredi du cycle dans le Studio de Flore au Carreau du temple (2 rue Perrée, 75003 Paris) ou en fin de journée le dimanche.

Pour découvrir les nouveaux chorégraphes et connaître toutes les dates des différents cycles, nous vous avons concocté le fameux planning en un seul coup d’oeil !

A bientôt en studio !

Danse en Seine


L'univers chorégraphique de Clara Billard

Quel est ton univers chorégraphique ?

Je suis chorégraphe en danse contemporaine. Mon langage chorégraphique se décline à travers la puissance du geste, la recherche d’univers identifiés et marqués, la force des grands ensembles et du mouvement au service de la narration. J'aime raconter des histoires, parler des grandes aventures, des aventures humaines. Je travaille souvent avec beaucoup de décor et je porte une grande attention à la scénographie. C'est souvent la dramaturgie scénique qui déclenche chez moi la recherche du mouvement. Je m'inspire beaucoup de l'art cinématographique et pictural : j'aime composer l'espace scénique comme on compose un plan au cinéma.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Voici la note d'intention de ma pièce, Not So Sweet Home (un extrait sera présenté le 06 mai prochain au Carreau du Temple, lors de la Soirée des Chorégraphes) :
"Les premiers flocons de décembre flottent au-dessus de Washington Square. Le soleil a plongé depuis bien longtemps derrière les façades de briques rouges. Peu à peu, les fenêtres s’éclairent, les cheminées fument et les intérieurs se réchauffent. Au bout de la rue, un salon vient de s’allumer. Un homme lit le journal dans son fauteuil ; une femme arrange quelques fleurs dans un vase. La table est dressée. Les invités vont bientôt arriver. À mesure que les verres se vident pour se remplir à nouveau, les apparences se fissurent, des tensions se nouent et les corps se libèrent. Entre faux-semblants et règlements de compte, les êtres font payer le prix de la mascarade sociale jusqu’à ce que les provocations de la nuit se transforment en révélations au petit matin.
Not So Sweet Home, c’est une fenêtre ouverte sur ces espaces intérieurs et intimes où les individus ne communiquent plus. C’est une brève histoire, celle de la foule solitaire, face aux rouages d’une société hypocrite où les conventions se confrontent aux désirs personnels. Derrière les tensions sous-jacentes entre ces personnages, chaque geste, chaque regard, témoigne d’une lutte pour l’affirmation de soi, pour retrouver sa liberté et son identité individuelle."

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur.se.s de Danse en Seine ?

J'ai choisi de travailler autour de la pièce citée ci-dessus. C'est la première pièce de ma compagnie Boulevard du Crépuscule, et ma première création dans un cadre professionnel. En règle générale, j'aime travailler avec de grands groupes. J'ai déjà fait des pièces avec parfois jusqu'à 80 danseuses et danseurs sur scène ... Pour cette création, je suis obligée de diminuer considérablement le nombre d'interprètes au plateau (j'en ai quand même 6 !). Ce sera donc un plaisir pour moi de l'aborder avec un plus grand groupe de danseuses et danseurs. Au fil des ateliers, nous travaillerons autour des notions d'altérité, de relation aux autres, de relation à soi, de la singularité et de l'individualité au milieu du collectif mais aussi de notre rapport à l'espace, aux objets, aux matières qui nous entourent.

Pourquoi avoir rejoint l’incubateur de chorégraphie ?

Après avoir travaillé pendant plusieurs années pour la Jeune Compagnie À Pas de Velours avec des enfants et adolescents, j'ai souhaité créer ma propre compagnie professionnelle. Ce parcours de formation était pour moi l’accompagnement attendu pour préciser mon écriture et mon identité en tant que chorégraphe et m’initier à la dimension administrative et juridique d’une compagnie. Je suis ravie de la formation et je me sens très chanceuse d'avoir rejoint la grande famille de La Fabrique !

©Nathalie Marion

Eva Colpacci et Sedera Ranaivoarinosy font vibrer les divas !

Quel est votre univers chorégraphique?

Inspirée tant par MTV que Virginie Despentes, on crée un espace de création où Beyoncé est invitée à cotoyer Merce Cunningham. On cherche le plaisir de la danse et sa force émancipatrice. En intello-potache, nous plaçons la question du corps de la femme regardée, admirée, mais indépendante au coeur de nos pièces. Nous voulons que nos interprètes se donnent à voir, dans toute leur force et leur beauté. Kitsch, sensibles, et fébriles. La question de la solitude revient également beaucoup dans nos recherches. La solitude de la femme célibataire, mais aussi libre et puissante. C'est ainsi qu'intervient la notion de diva. Cette femme ridiculisée pour son courage d'être talentueuse et de se montrer, à sa juste valeur. Nous créons des pièces à partir de différents portraits de femmes de la culture pop, qui nous inspirent et nous habitent. Comme différentes pastilles, chaque création est reliée à une chanson en particulier.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre création / projet en cours ?

Nous travaillons en ce moment sur un concerto chorégraphique autour de la chanson All by myself, incarnée bien sûr par Céline Dion. A travers cette pièce, nous avons envie de toucher à la beauté et la justesse de cette diva, dans la dimension universelle de ses sons. C'est aussi une ôde à la solitude, et une envie de montrer comment être seules nous connecte aussi aux autres.

Quel atelier avez-vous prévu avec les danseur.se.s de Danse en Seine ?

Nous proposons un projet de laboratoire chorégraphique. A partir des protocoles de création qui sont les nôtres, nous inviterons les danseureuses de Danse en Seine à créer des courtes pastilles chorégraphiques autour d'une diva choisie. Elles composeront un parcours déambulatoire et immersif dans le monde complexe des divas.


L'imaginaire de Thomas Barbarisi se déploie

Quel est ton univers chorégraphique?

Je raconte une passion fragile et pleines de questionnements, à travers des thématiques universelles mais aussi à travers des concepts littéraires et philosophiques qui me sont chers. Mon objectif est de plonger les interprètes et les spectateurs dans mon imaginaire, établir un vocabulaire commun afin d’échanger et partager. Si je devais te donner 3 mots qui définissent mon univers je dirais : sombre, poétique et torturé.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours?

Mon projet en cours est nommé « chaOsmos », il s’agit d’un solo qui parle de l’enfant en soi et d’une quête de paix intérieure. J’explore ces thématiques à travers un concept philosophique développé par Gilles Deleuze qui s’appelle la ritournelle. Une phrase de Nietzsche m’a guidé pendant la création de ce solo : « Il faut porter en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. » 

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur.se.s de Danse en Seine ?

J’ai prévu de les plonger dans mon univers tout en explorant leurs identités avec du travail d’improvisation sous contraintes qui pourra me permettre de découvrir les danseurs tout en créant de la matière pour notre chorégraphie. La transmission du vocabulaire créé pour ce solo sera aussi un axe important de mes ateliers mais je souhaite surtout créer un moment unique en expérimentant tous ensemble sur l’instinct du moment. Une chorégraphie sur mesure qui va me permettre d’explorer mon sujet avec beaucoup de danseurs, j’ai hâte de voir le résultat!

Pourquoi avoir rejoint l’incubateur de chorégraphie?

Je souhaite développer ma compagnie ainsi que mes compétences, l’aspect administratif et financier sont des choses que je ne maîtrise pas et je souhaite en apprendre plus à ce sujet. La dramaturgie, l’art de la composition m'intéressent beaucoup et guider mes interprètes sont des compétences que je veux approfondir. Je crée un solo qui s'appelle chaOsmos , je veux le terminer dans les meilleures conditions possibles avec des retours et conseils qui peuvent me permettre de présenter la meilleure version de mon travail.
© Anthony Luong

Gerry Quevreux et le parlé-dansé

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers chorégraphique c’est la danse située dans des cadres inhabituels, la rue, l’usine, l’appartement et les moments de la vie publique. 
Dans la forme, j’ai plutôt émergé dans les danses contemporaines au pluriel : celle des cours de danse contemporaine et celle de l’improvisation, dans la lignée des recherches post-modern américaines.
Enfin mon univers c’est aussi la parole du comédien et comment la danse peut être aussi un espace pour la voix.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Je porte actuellement avec la Fabrique de la Danse un projet intitulé ICI PRESENT
C’est un solo parlé-dansé accompagné par une musicienne. 
Je m’appuis sur l’image d'un crieur publique d’aujourd’hui, cocasse et décalé, dont le corps se laisse traversé par les vécus de ses contemporains. Par la chorégraphie et la parole, il raconte les lieux, les personnes, leurs histoires et notre présent.
Je veux diffuser cette création dans les moments de vie de la cité : inaugurer un lieu publique, valoriser le patrimoine, faire le portrait d’une personnalité… et tout autre évènement public que je pourrais poétiser et dynamiser dans ses dimensions politiques, culturelles et patrimoniales.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur.se.s de Danse en Seine ? 

J’apprécie de passer une journée entière ensemble, un temps long pour s’immerger. 
Ressentir, danser, parler, ne rien faire, écrire, puis se remettre en mouvement dans cet état.
Tout en vous donnant des chemins pour y parvenir, mon approche est plutôt celle de vous proposer des cadres d’exploration et de création qui font appel à votre personne.
Je veux naviguer autour d’enjeux qui sont en recherche dans ma création : 
- qu’est-ce que danser ici et pas ailleurs ? en porosité avec ce qui fait un lieu
- chercher l’espace pour la danse : parcours, danse située, cadre pour performer.
- enfin chercher ensemble autour de la parole dansée.

Nous travaillerons en intérieur dans le studio de la Fabrique mais n’hésitez pas à prévoir de quoi être confortable pour danser en extérieur si nous devons ramener un peu de matière du dehors vers le dedans.

Pourquoi avoir rejoint l’incubateur de chorégraphie ?

Pour remettre la danse au centre de mes projets artistiques
Pour questionner l’écriture chorégraphique de mon projet
Pour produire celui-ci dans les cadres institutionnels
Pour connaître d’autre artistes dans le même questionnement
Pour le diplôme ;-)