Quel est ton univers chorégraphique ?
Mon travail chorégraphique s’ancre dans une recherche continue autour de la transformation du corps envisagé comme un lieu de passage, de mémoire et de résistance. Le geste cesse d’être une forme pour devenir une expérience. La trace vivante d’un état intérieur, d’un glissement entre l’humain et l’animal, entre l’individuel et le collectif, entre ce qui se contrôle et ce qui déborde. Chaque création naît d’une nécessité viscérale : révéler ce qui vit et agit sous la peau, ce qui circule, ce qui tremble et se réinvente. Le corps devient poreux, sensible, instable. Un espace où se rejouent des équilibres fragiles entre puissance et abandon, entre pulsion et conscience, entre structure et chaos.
Dans cette démarche, le féminin, n’est pas un thème mais une énergie de transformation. Il convoque la capacité à contenir, métamorphoser, à traverser l’effondrement pour faire surgir une beauté brute, non idéalisée, profondément incarnée. L’expérience de la maternité a marqué cette relation au corps comme matrice du vivant. Elle a ouvert un rapport radical à la chair : immersion dans l’effort, l’endurance, l’abandon, la perte de repères et la réorganisation totale. Ce vécu à déplacé mon écriture chorégraphique vers une physicalité plus crue, plus directe, débarrassée de filtres
Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?
VIVANTE est un solo chorégraphique qui explore le corps comme lieu de résistance et de transformation face à une époque marquée par la saturation, l’hyper-connexion et l’épuisement. À travers le mouvement, l’œuvre propose une réappropriation sensible du réel, non comme fuite, mais comme reconstruction.
Le parcours se déploie en trois actes. Le premier met en scène un corps sous contrainte, fragmenté et entravé, révélant les tensions invisibles, la fatigue intérieure et la charge mentale contemporaines. Le deuxième acte introduit la friction et la rupture : le geste devient brut, instinctif, presque animal, explorant à la fois la puissance et la vulnérabilité du corps. Le troisième acte ouvre un espace de libération et de transcendance, où le mouvement s’élargit et dialogue avec la scénographie, symbole des liens invisibles entre les corps, les tissus et les relations humaines.
VIVANTE affirme ainsi le corps comme espace de connaissance, d’émotion et d’engagement. La danse y devient une expérience partagée qui invite à ralentir, à ressentir et à reconnecter l’humain à sa mémoire corporelle, dans un monde qui tend à l’en éloigner.
Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?
Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

