Quel est ton univers chorégraphique ?

J’explore les dialogues entre le corps dansant et son contexte spatial. Pour mes pièces, je choisis ou je crée d’abord un espace, et cherche seulement ensuite comment le mettre en mouvement par le corps. 
En tension entre le macro et le micro, j’aime jouer avec les échelles. Je rêve de gigantisme, de ‘corps paysage’ nourris de gestuelles précises et de dynamiques contrastées. 
Cette réflexion m’amène à créer des pièces in-situ, pour l’espace public mais pas que. Je cherche aussi comment cette conscience de l’espace perdure et se transforme lorsque j’écris pour la scène, comme dans mon solo 740 Nanomètres

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

J’entame aujourd’hui la création de Lignes de désir, qui verra le jour au printemps 2024. C’est une déambulation dansée pour l’espace public. 
Avec deux danseuses et un compositeur, nous partons à la recherche des ‘lignes de désir’, ces chemins qui se tracent en parallèle des routes lorsque l’urbanisme est contre-intuitif. 
Dans une gestuelle incisive et une écoute accrue, c’est une cartographie par le corps. Construite en plan séquence, la partition se déploie comme une carte que l’on déplie. 
La création sonore de la pièce se fera en co-construction avec les habitants de Tours Nord, dont nous enregistrons les témoignages. 
 

Quel atelier as-tu prévu avec les danseurs de Danse en Seine ?

Après l’échauffement, nous sortirons de la Petite Fabrique pour aller observer et cartographier les déplacements des individus dans l’espace public. 
En revenant au studio, nous essaierons de voir comment ces temps de notation et leurs traces peuvent venir nourrir une écriture chorégraphique. 
Je proposerai que l’on crée ensemble une partition. Si la météo le permet, j’aimerai qu’on aille la danser dans l’espace public autour de la Petite Fabrique.  

Pourquoi avoir rejoint l’incubateur de chorégraphie ?

En commençant à chorégraphier, c’est un océan de questions qui s’est ouvert à moi. Production, diffusion, communication … un monde à comprendre ! 
L’équipe de l’Incubateur connaît et comprend précisément nos besoins, et nous partage des outils et des savoirs qui nous apportent des réponses concrètes. 
Et bien sûr, il y a le groupe. Entre chorégraphes émergents, nos expériences se recoupent. On s’entraide, on partage nos vécus. J’apprends beaucoup de ces échanges. 
Retrouvez l’atelier de Marcelle le dimanche 12 février à la Petite Fabrique.