Ateliers hebdomadaires

"L'imaginaire comme guide" de Noah Meneau

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers est plutôt sensible et poétique. J'aime tisser des liens entre le théâtre physique et la danse contemporaine pour raconter des histoires, faire parler les corps, et explorer un état de vérité dans la danse. Mes créations sont cinématographiques et offrent au public une sphère hors du temps où l'on peut se perdre et se laisser enivrer allègrement.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création en cours ?

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut est un solo qui met en scène les derniers instants de vie d'un artiste parti à la guerre. Inspiré du poème Le Dormeur du Val de Rimbaud, on contemple l'espoir qui vacille, s'envole et s'éteint, comme une étoile qui meurt lentement dans le ciel de la nuit. Un pinceau de 3 mètres de long lourdement posé sur ses épaules, le peintre-soldat tournoie, trébuche et se relève, portant le poids du monde à bout de bras, l'espérance au bord du cœur.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseureuses ?

J'ai prévu de travailler sur un atelier qui mêle improvisation et répertoire. On commencera d'abord par des exercices de relaxation pour nous connecter au corps, au sol, à notre respiration intérieure, puis nous travaillerons autour des fondamentaux du travail du sol, avant de monter progressivement debout. Nous utiliserons l'imaginaire comme guide pour travailler différentes improvisations et explorations, puis nous basculerons vers un travail de répertoire. Enfin, nous travaillerons autour du théâtre physique, tous ensemble et par groupe, afin d'explorer ensemble les émotions brutes et comment celles-ci peuvent dialoguer avec le corps dansé.

Pourquoi avoir rejoint la formation de la Fabrique de la Danse ?

J'ai rejoint La Fabrique de la Danse parce que je suis habité par un profond désir de créer depuis longtemps. Je ressens le besoin de partager mon univers à un public, de toucher les gens avec mes histoires. J'ai souvent été assez désordonné, surtout sur le plan administratif, et je crois que la Fabrique peut vraiment m'aider à être plus méthodique. C'est une porte ouverte vers l'exploration, la reconnexion avec soi, et l'apprentissage de tous les essentiels pour être un artiste dans l'ère du temps.

Le planning des ateliers artistiques 2026-2027

Planning des ateliers artistiques 2026-2027

Il est l'heure de la rentrée ! Et par là on entend aussi et surtout la rentrée des ateliers artistiques :) 

CELLE-CI AURA LIEU LE 23 SEPTEMBRE A 20H30 AU CARREAU DU TEMPLE avec la chorégraphe Noémi Coin.

Le lien d'inscription est juste ici !

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Danse en Seine vous propose d’expérimenter les ateliers artistiques avec les nouveaux chorégraphes de la promotion 2027 de l’Incubateur de La Fabrique de la Danse tous les mercredis à 20h30 au Carreau du Temple et en bonus certains dimanche en journée à La Fabrique de la Danse (100 avenue du Général Leclerc, Pantin).

Les chorégraphes animeront un cycle de 5 ou 6 ateliers et pourront présenter une restitution ouverte au public le cinquième et dernier mercredi du cycle dans le Studio de Flore au Carreau du temple (2 rue Perrée, 75003 Paris) ou en fin de journée le dimanche.

Pour découvrir les nouveaux chorégraphes et connaître toutes les dates des différents cycles, nous vous avons concocté le fameux planning en un seul coup d’oeil !

A bientôt en studio !

Danse en Seine

(crédit photo image de Une : Marietta Kui)


Mot & son pour Noémi Andreotti Coin

Quel est ton univers chorégraphique ?

J’aime raconter des histoires. Mon univers est plutôt absurde, tragi-comique. Je puise mes inspirations dans toutes les formes d’art et je tente de les emmêler dans le mouvement.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création en cours ?

Je tergiverse à l’idée de recréer un autre solo. Ce serait peut-être l’occasion d’aller vers quelque chose de plus personnel. J’aimerais travailler autour d’un personnage complexe et attendrissant en abordant le « prendre soin » et la résilience.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseureuses ?

J’aimerais travailler autour de la manière de retranscrire les émotions d’un mot ou d’un son sans traduire littéralement son sens ou son volume.

Pourquoi avoir rejoint la formation de la Fabrique de la Danse ?

Je pense que c’est ce qui manquait à mon projet chorégraphique pour lui permettre de s’épanouir pleinement. J’entre dans une phase de recherche approfondie autour de mon mouvement, avec un accompagnement très précieux.


Explorez la création "Maison Close" de Johan Castaing

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers chorégraphique s’inscrit dans une esthétique très cinématographique, où chaque pièce est pensée comme un tableau vivant.
Ma danse puise ses fondations dans le contemporain, mais j’aime y mêler d’autres styles pour créer des contrastes, brouiller les frontières et enrichir l’écriture chorégraphique. Dans Maison Close, ma dernière création, se rencontrent par exemple danse contemporaine, burlesque et partnering dans une atmosphère à la fois sensuelle, théâtrale et physique. J’aime aussi glisser dans mes pièces des “easter eggs” : des références cachées à la peinture, au cinéma, à la photographie ou à la mode. Chaque détail est conçu pour que le spectateur puisse se perdre dans plusieurs niveaux de lecture et découvrir de nouvelles choses à chaque regard.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création en cours ?

« Je suis fasciné par le monde, par sa beauté comme par sa brutalité. » Maison Close est un polar chorégraphique sous tension, un huis clos immersif où se révèlent les contradictions de l’identité féminine dans notre société contemporaine. À travers cette création, j’explore les rôles et les images encore projetés sur les femmes : la séduction, la fragilité, le contrôle, le regard des autres. Derrière ces représentations persistent des violences plus silencieuses, profondément ancrées dans nos imaginaires collectifs. Mais Maison Close est aussi un espace de résistance, où les corps tentent de s’émanciper des stéréotypes pour se réinventer librement. Entre tension cinématographique, théâtralité et physicalité, la pièce plonge le public dans une expérience sensorielle et immersive, mêlant danseuses et figurantes dans un même espace de jeu. J’ai envie que cette création trouble, intrigue et touche profondément. Qu’elle laisse une question en suspens, simple et essentielle : jusqu’où avons-nous réellement le droit d’être nous-mêmes ?

Quel atelier as-tu prévus avec les danseureuses ?

Lors de cet atelier, je proposerai un travail autour d’un solo présent à la fin de Maison Close, centré sur les notions de pardon et de rédemption.
Ce sera une recherche chorégraphique mêlant voix et mouvement, où la parole devient une impulsion physique, presque un moteur du corps. Nous explorerons la manière dont une émotion, un souffle ou un mot peuvent transformer le geste et faire naître une présence scénique plus intime et instinctive.

L’idée est d’amener les danseureuses à expérimenter un travail à la fois sensible, théâtral et profondément incarné.

Pourquoi avoir rejoint la formation de la Fabrique de la Danse ?

J’ai souhaité rejoindre cette formation parce que je ressentais profondément le besoin de m’exprimer à travers mes propres créations et de développer pleinement mon univers artistique. Cette envie s’accompagne d’une grande curiosité pour le milieu de la production et
de la diffusion. Je voulais mieux comprendre les enjeux, acquérir des outils concrets et apprendre à structurer mes projets afin de produire et diffuser mes pièces de manière plus autonome et plus affirmée. Cette formation représente pour moi une étape essentielle pour faire évoluer ma pratique artistique et donner à mes créations l’espace qu’elles méritent.


Loren Coquillat et son rapport au monde par la danse

Quel est ton univers chorégraphique ?

J’aime quand l’énergie nous emporte, quand on est surpris·e, j’aime quand on rit mais que le sens est plus grand, j’aime quand on évoque et qu’on ne reconnaît pas tout, j’aime le décalage. Je crois que la danse existe pour nous proposer d’autres rapports entre les humains, avec l’espace et avec le temps. Et j’aime que les rapports soient étonnants, drôles ou ubuesques, sinon c’est enfermant.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Je travaille sur un solo Josèphe-Nout Rodogune qui fait partie d’un grand volet de recherche-création de la compagnie intitulé Ainsi s’en vont les ruines. Josèphe-Nout est la dernière femme du monde et elle a des questions à poser (même si personne n’est là pour y répondre, finalement !)

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

L’atelier est une plongée dans Ainsi s’en vont les ruines, par plusieurs portes qu’on va nourrir ensemble. On y questionne les traces qu’on laisse pour le futur et comment on met nos héritages en mouvement.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

J’ai un goût immense pour la transversalité, je travaille quasi toujours la danse avec le théâtre, la musique ou le cinéma. Là j’avais envie de mettre la danse au centre, d’être plus calée sur le paysage chorégraphique et de trouver de la structure et de la méthode dans mon travail.


Clara Villalba : le geste comme expérience pleinement vécue

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon travail chorégraphique s’ancre dans une recherche continue autour de la transformation du corps envisagé comme un lieu de passage, de mémoire et de résistance. Le geste cesse d’être une forme pour devenir une expérience. La trace vivante d’un état intérieur, d’un glissement entre l’humain et l’animal, entre l’individuel et le collectif, entre ce qui se contrôle et ce qui déborde. Chaque création naît d’une nécessité viscérale : révéler ce qui vit et agit sous la peau, ce qui circule, ce qui tremble et se réinvente. Le corps devient poreux, sensible, instable. Un espace où se rejouent des équilibres fragiles entre puissance et abandon, entre pulsion et conscience, entre structure et chaos.

Dans cette démarche, le féminin, n’est pas un thème mais une énergie de transformation. Il convoque la capacité à contenir, métamorphoser, à traverser l’effondrement pour faire surgir une beauté brute, non idéalisée, profondément incarnée. L’expérience de la maternité a marqué cette relation au corps comme matrice du vivant. Elle a ouvert un rapport radical à la chair : immersion dans l’effort, l’endurance, l’abandon, la perte de repères et la réorganisation totale. Ce vécu à déplacé mon écriture chorégraphique vers une physicalité plus crue, plus directe, débarrassée de filtres

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Je travaille actuellement sur le 1er solo de la Cie Corps Itinérants, "Vivante".

VIVANTE est un solo chorégraphique qui explore le corps comme lieu de résistance et de transformation face à une époque marquée par la saturation, l’hyper-connexion et l’épuisement. À travers le mouvement, l’œuvre propose une réappropriation sensible du réel, non comme fuite, mais comme reconstruction.

Le parcours se déploie en trois actes. Le premier met en scène un corps sous contrainte, fragmenté et entravé, révélant les tensions invisibles, la fatigue intérieure et la charge mentale contemporaines. Le deuxième acte introduit la friction et la rupture : le geste devient brut, instinctif, presque animal, explorant à la fois la puissance et la vulnérabilité du corps. Le troisième acte ouvre un espace de libération et de transcendance, où le mouvement s’élargit et dialogue avec la scénographie, symbole des liens invisibles entre les corps, les tissus et les relations humaines.

VIVANTE affirme ainsi le corps comme espace de connaissance, d’émotion et d’engagement. La danse y devient une expérience partagée qui invite à ralentir, à ressentir et à reconnecter l’humain à sa mémoire corporelle, dans un monde qui tend à l’en éloigner.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Durant cet atelier nous allons traverser en premier lieu, un temps d'échauffement en continu que je vais guider par la voix pour rentrer dans les sensations profondes du corps, par l'intention des mots.
Puis nous ferons des traversées sur des états de corps précis, afin de comprendre aussi les chemins corporels pour passer d'un état à l'autre.
Enfin il y aura un temps de composition en petits groupes pour définir et que chaque groupe travaille sur uns structure d'improvisation en lien avec les outils travaillés en amont et chaque groupe présentera son travail devant les autres danseureuses qui seront observateurs et feront des retours pour venir nourrir le travail vu. Ce sera un vrai temps d'échanges important et très souvent révélateur.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

J'ai choisi de rejoindre la formation Incubateur de chorégraphes, pour comprendre concrètement ce que représente être chorégraphe et plus précisément être porteureuse de projet artistique. Le fait d'avoir plusieurs casquettes, sans trop savoir comment s'organiser, se structurer, se sentir légitime et savoir comment trouver des stratégies et des façons de rendre un projet cohérent et convaincant aux yeux d'un maximum de personnes. Tout en restant alignée, proche de son cœur et de l'artiste créatrice que je suis.
Etre auprès d'autres artistes et chorégraphes pour moi est essentiel, déjà parce que je suis curieuse et j'adore découvrir et rencontre chaque humain dans ce qu'il est et le passionne, et aussi de savoir que je ne suis pas seule à traverser des moments difficiles.
@ Jana Chiellino

Texte, parole et danse pour Emmanuelle et Marie Simon

Quel est votre univers chorégraphique ?

Durant ce cycle d'ateliers, notre univers chorégraphique explore les situations dramatiques du duo : la relation, le contact, la fusion, la gémellité... en ajoutant le texte et la parole comme nouveau paramètre du mouvement.
A partir de la mobilité du sternum, que nous avons investi comme une puissance expressive capable d’affirmer une signature à la fois personnelle et commune, nous avons choregraphié nos similitudes et nos différences. Notre lien familial a intensifié la confiance en l'autre pour se laisser guider, manipuler, s'abandonner ou résister selon différents « degrés ».

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre création / projet en cours ?

Dans la création en cours "Comment se retourner ?" nous sommes toutes les deux chorégraphes-interprètes et nous collaborons avec le metteur en scène Alain Simon autour de la question : Comment ajouter la parole chez les danseurs.euses, et peut-être tenter une façon de jouer qui serait propre au théâtre, sans renoncer à l'art chorégraphique ?
Nous avons expérimenté la parole et le mouvement sur des plans autonomes et à égalité. A travers les thématiques de l’intime et du quotidien, nous mélangeons et superposons des consignes vocales, spatiales, corporelles indépendantes les unes des autres. Ces performances simultanées mettent en relief le sens et les relations multiples entre les mots et le mouvement.

Quel atelier avez-vous prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Dans une atmosphère ludique et sérieuse à la fois, nous allons travailler le lâcher prise de l’interprète qui parle et qui danse selon deux partitions indépendantes et actionne ainsi des connexions involontaires entre son engagement cérébrale et corporelle.


Friction, narration et abstraction pour Sarah Cerneaux

Quel est ton univers chorégraphique ?

Pour décrire mon univers chorégraphique, je me présenterais comme chorégraphe et interprète instinctive et pleine d’énergie, particulièrement sensible à ce qui se joue dans les interstices, entre les espaces, entre les temps et entre les personnes. Mon monde artistique est fait de frictions, et j’apprécie tout particulièrement lorsque l’histoire et la narration percutent l’abstraction. En moi pulsent le vivant et ces deux mots qui s’entrechoquent : cri et vulnérabilité. Mon œuvre repose sur une écriture chorégraphique singulière, nourrie par mes collaborations et par une trajectoire atypique, et porte un regard aigu sur la société.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Actuellement, je travaille sur JOG ++, forme performative adaptée à des espaces non dédiés ou en extérieur, qui se joue avec trois danseuses et pour laquelle je souhaite inviter des amateur.ices à nous rejoindre lors les performances.
JOG ++ est conçue comme une extension de mon précédent projet, HIDDEN Project, qui interroge, d’une part, les stratégies de camouflage des jeunes femmes évoluant dans des quartiers dits « sensibles », et révèle, d’autre part, les traces que ces environnements laissent sur les corps.
JOG++ a été imaginée en hommage à toutes les femmes des quartiers ayant participé aux ateliers autour du projet et qui ont œuvré à la création de ce que je nomme la chaîne du geste. Avec toutes les femmes rencontrées, nous avons travaillé sur les gestes qui cachent et ceux qui nous révèlent malgré nous.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

J'ai l'intention d'apprendre au groupe ce que je nomme la chaîne de geste et d'imaginer sur elles.eux une nouvelle version de JOG ++.De plus, j'aimerais beaucoup inviter celles et ceux qui le souhaiteront, à participer à la performance de JOG ++ lors de la Soirée des chorégraphes le 6 Mai prochain.
Les ateliers de Danse en Seine seront pour moi une chance de travailler avec un groupe de plus de trois personnes. Je dois dire que je suis ravie de cette opportunité de partager l'histoire de JOG avec les danseur.euse.s de Danse en Seine. C'est toujours l'occasion de faire circuler des vécus et de créer des liens entre des personnes qui ne se rencontreront pas forcément.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

Depuis la création de la cie La Face B en 2021, j'ai la sensation d'avoir emmagasiné des connaissances à la volée, sans jamais prendre le temps de  les digérer ou de les consolider, que ce soit concernant la gestion d'une compagnie et d'une équipe ou la production.
Il en va de même pour mon écriture chorégraphique, je ressens le besoin de creuser ma manière de créer, de comprendre ce qui m'inspire et l'univers artistique qui m'habite.
C'est pour cela que j'ai pris le temps de faire cette formation, mais pas seulement.
Je suis ici parce que j'ai besoin de partager mes questionnements et d'échanger avec des artistes, avec les personnes qui constituent le terreau d'une compagnie et font en sorte que la machine avance, mais aussi avec les passionné.e.s qui n'en font pas leur métier mais défendent tout autant la nécessité d'un art qui rapproche.
Ne pas se sentir seule.


Laura Morin : entre danse contemporaine et théâtre physique

Quel est ton univers chorégraphique ?

Mon univers chorégraphique s'inscrit à la croisée de la danse contemporaine et du théâtre physique. Je parle du réel, des histoires de vie, d'amour, de mort, en oscillant de l'ombre à la lumière. Ma recherche s'inscrit dans un corps désarticulé et imprévu, avec une forte appétence pour l'humour, l'absurde, et les fins joyeuses.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Je suis actuellement en création d'un solo intitulé POST-SCRIPTUM. Il se pense comme une "élégie joyeuse", et prend racine dans les lettres écrites à ma sœur disparue. Je mets en jeu un corps qui éclôt et reprend vie, pour retrouver la joie et le goût de danser, avec les fractures, les montagnes, les regrets et les contradictions qui peuvent l'habiter.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Nous allons plonger ensemble dans les procédés d'écriture de POST-SCRIPTUM, en travaillant notamment sur des principes d'improvisation et de création instantanée, seul.e.s et en collectif, pour aboutir à une forme chorégraphique commune en fin d'atelier.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ? 

Étant à la direction artistique de projets chorégraphiques depuis plusieurs années, j'ai toujours travaillé en collaboration, et c'est la première fois que je me lance dans une aventure en solo. L'Incubateur de chorégraphes est un superbe apprentissage pour nourrir et compléter mon parcours de chorégraphe, et il permet des rencontres humaines et artistiques fabuleuses.

Karel Kouelany : comment exprimer ses émotions par le krump ?

Quel est ton univers chorégraphique ?

En tant que jeune artiste congolais, mon univers chorégraphique fusionne Afrobuck ou résonne l’Afrique et le krump, la vidéo et engagement social. J'explore et réinvente le krump pour exprimer les réalités de ma société. La vidéo enrichit mon travail, offrant des perspectives immersives. Mon but : créer une expérience qui invite à la réflexion et à la beauté.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création / projet en cours ?

Dans BOLOKO, qui signifie 'prison' en lingala, j'incarne la voix d'un peuple congolais en souffrance. Né au Congo, je questionne comment le corps peut exprimer cette réalité où la société nous étouffe, nous 'enterre prématurément'. Face à cette prison réelle et mentale, je puise dans l'énergie du krump et les transes africaines pour m'échapper. Mon désir : déconstruire les chaînes et reconstruire un être libre.

Quel atelier as-tu prévu avec les danseur·se·s de Danse en Seine ?

Dans mon atelier Krump sur le thème de BOLOKO, je vous invite à explorer comment le Krump peut devenir un outil puissant pour exprimer des sentiments d'enfermement, de lutte, mais aussi d'espoir et de libération.

Je vous guiderai à travers des mouvements intenses et des improvisations, pour que vous puissiez canaliser vos émotions et les transformer en une danse expressive. Cet atelier est conçu pour déconstruire nos barrières personnelles et collectives, offrant un espace pour se réinventer à travers le Krump.

Pourquoi avoir rejoint la formation Incubateur de chorégraphes ?

En tant qu'artiste venant du Congo, où les structures formelles d'enseignement en chorégraphie sont inexistantes, mon parcours a été façonné par l'expérience directe, l'observation et une passion inextinguible pour la danse. Rejoindre la formation Incubateur de chorégraphes représente pour moi une opportunité inestimable de structurer et d'enrichir cette base autodidacte.

Cette formation est une porte ouverte vers de nouvelles perspectives, des outils théoriques et pratiques, et un réseau de professionnels qui peuvent m'aider à affiner ma vision artistique. C'est l'occasion de combler un manque, d'acquérir des compétences spécifiques et de me confronter à d'autres approches chorégraphiques.

Plus qu'une simple formation, c'est une chance de donner une nouvelle dimension à mon travail, de le professionnaliser et de le partager avec un public plus large, tout en restant fidèle à mes racines et à mon identité culturelle. C'est un investissement dans mon avenir en tant que chorégraphe et une manière de contribuer, à terme, au développement de la danse dans mon pays.