Mois : mars 2019

Diane, bénévole du mois !

Quel est on rôle dans l'association ?

Je suis arrivée en tant que danseuse de l'association puis de la compagnie et petit à petit je me suis impliquée en tant que bénévole notamment sur les projets avec l'école des Amandiers, partenaire de Danse en Seine. Depuis la rentrée 2018, je suis assistante de production aux côtés d'Emilie et de toute l'équipe. En fonction des besoins du moment, nous travaillons à la supervision et production des projets portés par l'association : organisation, recherche de salle, montage de dossier, etc. 

Que fais-tu dans la vrai vie ?

Après avoir travaillé principalement à l'étranger, j'ai suivi un programme d'un an (On Purpose) ciblé sur l'économie sociale et solidaire et l'entrepreneuriat social en France. Je travaille aujourd'hui sur différents projets. En tant que salariée, je suis en charge de la structuration du Labo des histoires, association qui propose des ateliers d'écriture créative pour les jeunes de moins de 25 ans. En tant qu'auto-entrepreneure, j'effectue des études stratégiques dans les secteurs de l'assainissement et de la gestion des déchets. Le tout en m'organisant pour dégager du temps pour danser et m'impliquer sur des projets auxquels je crois et dont les valeurs m'animent, comme celui de Danse en Seine !

Depuis quand es-tu dans l'asso ?

J'ai effectué mon tout premier cours à l'école des Amandiers avec Bérangère en 2013, mais quelques jours plus tard j'apprenais que j'étais prise pour un poste à Beyrouth. Entre deux aller-retours, je me suis empressée de participer aux ateliers artistiques au Carreau du Temple, au spectacle Danse 5.0 et de découvrir les scènes ouvertes. Depuis mon retour à Paris en 2017, je peux enfin m'investir plus dans la vie de l'asso et les belles opportunités qu'elle offre comme s'essayer à la création ou danser dans des projets de reprise de répertoire.

Peux-tu résumer l'association en 3 mots ?

Inspiration, création et partage. Ce sont les trois mots qu'Agnès Varda utilisait pour décrire son métier : je trouve qu'ils correspondent parfaitement à Danse en Seine ! 


Ateliers artistiques avec le chorégraphe Maxime Joret !

crédit photo : Vanessa Mantoan

Quel est ton univers chorégraphique ?

C'est avec ma création en cours, le Silence des organes, soit depuis un peu plus d'un an, que je découvre plus clairement quelques traits de mon univers chorégraphique - qui s'avère cumuler les échos de mes différents parcours (théâtre, arts plastiques, psychanalyse, pole dance, danse contemporaine).

J'ai ressenti le besoin de m'écarter de la pole dance en raison de son caractère trop gymnique afin d'explorer autrement le mouvement, notamment par la danse contemporaine. Je suis surpris de voir finalement la pole dance ressurgir aussi clairement dans mon travail par certains traits qui lui sont spécifiques. Il y a quelque chose du sensuel, du corps donné à voir, et à la fois quelque chose qui côtoie le corps martyr de l'acrobate, tant cette discipline oscille entre une fascination acrobatique, l'évocation d'un univers érotique et l'ingratitude de cette barre froide qui brûle et marque le corps. 

L'engagement physique de la chair et de la peau en pole dance rejoint mes affections pour des œuvres plastiques et performatives qui impliquent directement le corps de l'artiste (je pense à Trademarks de Vito Acconci par exemple). J'aime à malaxer, caresser, triturer et approcher le corps par sa palette sensorielle – tantôt texture, enveloppe, matière malléable etc. Ce rapport au corps je cherche à l'animer d'une jubilation, qui résonne pour moi autour de cette question de l'au-delà de la douleur, du plaisir qui l'emporte sur la douleur (très vive sur les agrès aériens). J'aime travailler sur cette relation du plaisir et de la mise à mal qui se côtoient lors de la performance aérienne.

Je pourrais dire que je brode autour d'une barre un univers charnel mû par une jubilation qui ne ferait pas l'économie d'une implication physique douloureuse. 

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création en cours ?

Le Silence des Organes est une création pour 5 interprètes au plateau (dont moi-même) que j'ai élaboré à partir du corps qui se fait entendre – littéralement, les articulations et cartilages qui craquent, le souffle de l'effort – et par des manifestations douloureuses. Je m'appuie sur une formule du chirurgien R. Leriche et reprise par le philosophe et médecin G. Canguilhem dans son ouvrage Le normal et le pathologique, « La santé c'est la vie dans le silence des organes ». Je souhaite donner à voir et à entendre un corps qui se manifeste au danseur en étant « bruyant » - ne prenons-nous pas conscience d'une partie du corps lorsqu'elle nous est douloureuse et nous le fait savoir ? Cette pièce n'est pas une illustration de la douleur mais une convocation de deux dimensions du corps dansant : le corps-à-voir, objet de représentation, et le corps-qui-se-dit, medium parlant, matière qui s'exprime. 

Quels ateliers as-tu prévu avec les danseurs de Danse en Seine ? 

Je prévois un cycle construit autour de ces questions de sensorialité, de jubilation, d'implication charnelle et dermique. J'aimerais mettre en place une sorte « d'orgesse », orgie de tendresse. Nous traverserons la transformation du mouvement par la réception de la lumière, le goût, le toucher, l'odorat. J'amènerai les danseurs à étayer leurs qualités de mouvement au travers de ces espaces de délectation qu'ils ont tous, et de construire une relation de groupe soutenue par une exploration multi-sensorielle. 

Informations pratiques : 
– Inscriptions : ici.
– Si vous avez des questions n’hésitez pas à nous écrire : ateliers@danseenseine.org.
– Dates du cycle : 24 avril, 15 / 22 / 29 mai, 12 juin (restitution publique) !


Atelier artistique avec le chorégraphe Simon Feltz, ce dimanche 9 mars !

Quel est ton univers chorégraphique ?

Un question pas si simple pour commencer cette petite interview !! Je ne sais pas si je pourrais le définir mais j'ai la sensation que chaque nouveau projet est un univers en soi, tant les intentions et les motivations sont différentes d'une création à l'autre. Je peux seulement dire que mon désir de créer né de ce que j'observe, de ce qui me révulse ou qui m'enchante. Ca peut paraître un peu bateau dit comme ça mais cette dimension cathartique est pour moi nécessaire à la démarche de création. Je tente toujours de me pencher sur ce qui unie le sujet au monde ou à l'autre, sur sa capacité à croître ou à sombrer, et la forme, la matière chorégraphique, ne jaillit que dans un second temps.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ta création en cours ?

La création sur laquelle je travaille actuellement est un solo chorégraphique interprété par Clémence Galliard sur une musique originale de Nosfell. Intitulé Abyme, ce travail tente de questionner notre rapport au corps vécu dans l'image et l'amenuisement de la profondeur discursive au profit de contenus visuels toujours plus léchés, lissés et parfois complètement factices. Mêlant mouvement et texte, cette pièce est une tentative de contrer ce mouvement globale de marchandisation de "soi" qui mène parfois à une conformité morbide et absurde.

Quels ateliers as-tu prévu avec les danseurs de Danse en Seine ?

Pour cet atelier, j'aimerais travailler autour de différentes cellules chorégraphiques (des sections de mouvements relativement courtes). Juxtaposées les unes aux autres ces séquences chorégraphiques seront répétées en boucles et s'effriteront au fur et à mesure afin de ne laisser place qu'à un mouvement unique et répétitif. La structure ainsi créée perdra progressivement en complexité et se réduira à un geste compulsif qui aura avalé tous les autres. Je veux donc créer ces petites phrases chorégraphiques en collaboration avec les danseurs de l'atelier qui seront répartis en différents groupes : les séquences seront les mêmes pour chaque groupe, mais seront assemblées dans un ordre différent en fonction du groupe. Il n'y aura donc pas de grand mouvement d'ensemble mais seulement des instants ou un même geste jaillira du commun. A chaque reprise de la boucle chorégraphique, nous tenterons d'effacer un mouvement par séquence de sorte à ce qu'une uniformisation s'opère de boucle en boucle.

Informations pratiques : 
– Atelier exceptionnellement le dimanche 9 mars de 10h à 18h, au Feeling Dance Factory à Pantin : 100 Avenue du Général Leclerc, 93500 Pantin.
– Inscriptions : ici.
– Si vous avez des questions n’hésitez pas à nous écrire : ateliers@danseenseine.org.
– Dates du cycle : 09/03/2019 (restitution publique en fin d’atelier).